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L'
occupation en Allemagne, à Wurzach, de mai 45 à
janvier 1946.
Nous ne ferons que passer à Ahausen et allons nous installer pour
quelques jours dans un tout petit village, Buggensegel, où notre
potentiel chars est à peu près totalement reconstitué. Très mal
logés, nous ne regrettons pas de partir, le 18 mai
pour aller prendre nos nouveaux quartiers à Bad Wurzach, une
grosse bourgade d'environ 2 à 3000 habitants, située à une
cinquantaine de kilomètres au nord de Lindau et du Bodensee où mon
escadron sera la seule troupe à stationner.
Bad Wurzach (qui se veut, de par son nom, station thermale, bien que je
n'ai pas souvenance d'y
avoir vu le moindre établissement de bains) est essentiellement
agricole et, en conséquence n'a absolument pas souffert de la guerre, tout y est parfaitement intact. Nous avons toute latitude
pour nous y installer confortablement,
la plupart des cas dans les demeures appartenant aux édiles
locaux qui, trop "mouillés" par leur appartenance au
parti nazi, ont préféré prendre le large. Pour ma part, avec mon
peloton et mon camarade Aimé Bardieaux ( que je connais depuis 1941
et qui était déjà au 1er Chasseurs d'Afrique lorsque j'y suis
arrivé et qui, bleu" que j'étais, m'a appris à faire
correctement et tout seul, mon premier nœud de cravate.) Je suis
logé dans le vaste appartement dont le dentiste local est propriétaire
et qui, à ce que l'on dit, aurait disparu sur le front de l'Est
alors qu'il servait dans le Corps Médical de la Wehrmacht.
Comme dans toute l'Allemagne à cette époque, à Wurzach les hommes jeunes et valides sont très rares,
seulement des femmes, des enfants et des vieillards. Parmi cette
population, des réfugiés qui ont fui les grandes villes comme
Mannheim, Stuttgart ou Fribourg pour venir ici se mettre à l'abri
des bombardements. Autres habitants du village (mais -ceux-là contraints et
forcés) , une centaine environ de ressortissants anglais que
les Allemands ont chassés par familles entière des îles
Anglo-normandes de Jersey, Guernesey et Aurigny en 1940
lorsque, dans la foulée de la défaite de la France, ils ont occupé
ces îles au large de la côte ouest du Cotentin. Ils sont' logés
au château de Wurzach ( une bâtisse style XVIIIè siècle) depuis
plus de quatre ans et
disent ne pas avoir été maltraités et avoir bénéficié d'une
semi-liberté qui leur permettait de se déplacer dans le village.
En tous les cas, ils semblent en pleine forme. Certaines parmi nous,
anglophones d'occasion, tenteront d'élargir leurs
"connaissances linguistiques" et je me souviens, entre
autres d'une jeune anglaise, brune aux yeux bleus, d'environ 18 où
20 ans que nous avions surnommée "Jeanne d'Arc" à cause
de sa coiffure qui la faisait ressembler a l'iconographie ou la
statuaire de la sainte, et qui avait un certain succès (même un
succès certain) mais papa et maman étaient là pour veiller sur
elle.
Nous avons entretenu d'excellentes relations avec ces Anglais mais, trois
semaines environ après notre arrivée, ils ont été rapatriés par
leur gouvernement et ont regagné leurs Iles. Avant de partir, ils
ont organisé un grand bal d'adieux dans leur château.
Bien que ne sachant pratiquement pas danser (je ne sais
toujours pas d'ailleurs et il est désormais trop tard pour que
j'apprenne.) j'y suis allé et, en voyant ces couples anglais danser
le boston (la valse lente), traversant en quatre enjambées les 20 mètres
de longueur de la, grande salle de bal (il est vrai que tous ces
danseurs avaient de longues jambes!) Le tout agrémenté
d'arabesques et de gestes d'une grâce inouïe, je suis resté rêveur.
Cela tenait presque du ballet d'opéra dansé par des
professionnels. Il est vrai que,
pendant 4 ans, ils ont eu le temps de mettre leur numéro au point
ils avaient hélas, peu d'autres occasions de se distraire.
Nos Anglais sont donc partis et nous les regrettons. Nous les
regretterons bien davantage encore lorsque nous verrons arriver les
nouveaux "habitants" du château, quelques centaines de
Russes, plus déportés civils qu'ancien prisonnier de guerre qui
sont logés ici en attendant de regagner l'Union soviétique.
Autant les Anglais étaient « cools » et d'un commerce agréable autant
les Russes nous procurent les pires ennuis. Un ancien lieutenant (ou
capitaine) russe s'est mil à leur tête et devient leur
porte-parole. Comme l'administration du village est, désormais
assurée par un "Gouverneur Militaire" (un officier de
l'escadron), assisté de mon camarade le Maréchal des logis
Alexandre, Choura,
Borgia qui, né à Constantinople (devenue, depuis Istanbul)
authentique descendant des Borgia de la Renaissance italienne, a la
particularité d'être polyglotte (il parle en effet, en plus du
français, l'anglais,
le russe, le turc, l'allemand et l'italien entre autres ) c'est
Borgia donc qui sera appelé à traiter les problèmes qui ne vont
pas manquer de se poser avec ces nouveaux locataires du château. Et
ils vont se montrer très exigeants; ils ne veulent pas être soumis
au couvre-feu entre 21 heures et 6 heures, ils veulent pouvoir défiler
quand et où bon leur semble, ils veulent des rations alimentaires
substantielles, supérieures aux nôtres, le tout formulé avec une
arrogance frôlant l'insolence. Ils vont très vite se rendre infréquentables
et se montrent même odieux dans leur conduite envers la population
allemande qui vient souvent se plaindre auprès du Gouvernement
Militaire. En effet, des bandes de Russes partent souvent la nuit en
expédition dans la campagne et mettent totalement à sac quelques
maisons, volant tout ce qui peut être emporté, brisant le reste et
molestant les habitants.
Comme ces exactions vont en se multipliant, l'ordre est enfin donné par
l'autorité supérieure de rapatrier d'urgence ces trublions et
c'est avec un "ouf'!" certain de soulagement que nous
voyons, enfin, une colonne de camions GMC venir embarquer nos Russes
pour les emmener ailleurs! Ils seront restés quelque 3 semaines
parmi nous mais nous ressentons leur départ comme une délivrance.
Et nous, dans tout cela, que devenons nous? Notre matériel recomplété
et remis en état, nous commençons à voir quelques camarades nous
quitter, à commencer par les plus âgés de nos amis
"pieds-noirs" qui, petit à petit, sont démobilisés;
chaque mois verra son petit contingent de camarades nous quitter et
retourner à la vie civile, remplacé par de jeunes engagés que
nous formons au fur et à mesure. A part quelques patrouilles armées que nous menons autour de Wurzach
dans un la rayon d'une trentaine de kilomètres pour prouver à la
population que nous sommes bien là, peu d'autres activités. C'est
un peu emm… même beaucoup parfois, la mise en pratique du fameux
Carpe Diem si cher à Horace (La vie est courte, mets à profit le
jour présent!) Nous goûtons, toutes proportions gardées
cependant, aux "délices" de Capoue. Pour ce qui me
concerne, mon contrat d'engagement de 3 ans ayant normalement pris
fin le 27 octobre 1944 depuis, je sers sous le régime dit "de
la tacite reconduction de mon contrat" pour une durée d'un an;
il va donc me falloir prendre une décision avant le 27 octobre
1945. Nous sommes en juillet, j'ai encore le temps de réfléchir,
je me laisse vivre. carpe diem.
Fin juillet, je quitte le Peloton Hors Rang et mes fonctions de comptable
matières pour être affecté au 2ème Peloton de chars du
Lieutenant Berthelot, en tant que sous officier adjoint au chef de
peloton et, comme tel, je vais, avec un autre peloton de l'escadron,
à Siegmaringen, sur le Danube (ville qui a abrité en 1944-45 ce
qui restait du gouvernement de L'Etat Français avec Pétain, Laval,
de Brinon et quelques autres.) assurer le service de garde et
protection du P.C. de la 5ème Division Blindée. Plus particulièrement,
avec une partie de mon peloton, j'ai la responsabilité, en liaison
avec un groupe de gendarmes français, de la garde du camp de
Nonnenhof (à une
dizaine de kilomètres à l'est de Siegmaringen), camp dans lequel
sont momentanément internés quelques dignitaires nazis qui
attendent d'être traduits en justice. Ce camp est situé tout au
sommet d'un piton rocheux surplombant la vallée du Danube et la
voie ferrée qui en longe le cours et d'où on a un magnifique point
de vue sur la campagne environnante.
Je passerai là 15 jours parfaitement tranquilles car les
"personnalités" en question ne sont pas de "grosses
légumes" et ne me poseront aucun problème.
Revenu à Wurzach quelques jours plus tard, je repars, toujours avec mon
peloton, assurer la garde du dépôt allemand de munitions d'Urlau,
en Bavière, près de Kempten, bien à l'est de Wurzach où sont
entreposés, entre autres, les obus de 380 mm qui étaient destinés
aux "cuirassés de poche" de la Kriegsmarine (les
torpilleurs Bismark et Gneisenau entre autres) et d'autres obus,
beaucoup plus dangereux ceux là car, à ce que l'on nous dit, chargés
de gaz éminemment toxiques ( tabun et sarin) et dont il nous
fallait surveiller, à chaque ronde qui avait lieu toutes les 2
heures, dans les hangars qui les abritent, les témoins (bandes de
papier de couleur, cette dernière virant en cas de fuite) placés
à profusion tout près des obus. Personnellement, j'assurerai
encore deux fois la garde du dépôt d'Urlau durant mon séjour à
Wurzach.
Nous voici en septembre. Mon peloton part assurer la garde, durant une
dizaine de jours du P.C. du Groupement Blindé no 4 dont nous
faisons toujours partie, à Friedrichshaffen. Frid comme nous
l'appelons communément, est complètement aplatie ! Les immenses
hangars semi sphériques qui abritaient avant la guerre, les fameux
dirigeables Zeppelin, ne sont plus qu'un enchevêtrement de
poutrelles d'acier rongée par la rouilla
Peu de maisons intactes, les rares sont occupées par l'Armée
Française. Il fait encore doux, même chaud pour la saison et le
titre de « Côte d'Azur allemande » donné au Bodensee n'est pas
usurpé si l'on en juge par les jolies naïades que l'on voit, de
loin, s'ébattre sur la plage! Françaises? . Allemandes? . Allez
savoir! . Quand on est de garde, service-service,
jugulaire-jugulaire. Nous ne sommes pas là pour batifoler,
surtout sous les yeux du Général qui n'est jamais bien loin.
Enfin octobre arrive. il me faut choisir mon destin, décider de mon
avenir. Quitter l'Armée et revenir dans le civil, pour aller où et
y faire quoi? A Parentis je n'ai aucun avenir et je n'ai nulle envie
d'y revenir. Quel métier exercer? Certes j'ai une formation de
comptable et suffisamment de diplômes pour parvenir à m'imposer
mais, après avoir vécu la vie aventureuse et mouvementée que j'ai
connue depuis 4 ans Je me vois mal portant des manches de lustrine,
assis sur un rond de cuir pour ne pas avoir d'hémorroïdes, passant
des journées à aligner des chiffres ( à l'époque, pas encore de
"calculettes" et encore moins d'ordinateurs ). Non, décidément
je vais laisser le hasard choisir pour moi et je décide donc de
"rempiler" (reprendre un nouvel engagement) pour 3 ans. Je
connais mon degré d'intelligence, je sais que je suis apprécié de
mes supérieurs et puise pour être tout à fait honnête, je dois
avouer que cette vie des troupes d'occupation en Allemagne me plait
beaucoup! . Elle durera ce qu'elle durera, j'entends en profiter au
maximum. Je me vois très bien accéder au
hiérarchie des sous-officiers.
En novembre, je bénéficie d'une nouvelle permission de détente d'une
quinzaine de jours. Avec d'autres camarades, nous sommes transportés
en GMC jusqu'à Lindau ou nous prenons le train en direction de
Paris. Les trains circulent désormais normalement et, avec le
Vienne - Paris, malgré de très fréquents arrêts, notre voyage
est assez rapide, de l'ordre d'une quinzaine d'heures autant que je
me souvienne. Puis direction Bordeaux puis Ychoux et Parentis avec
le même petit tortillard poussif qui fonctionne encore à l'époque.
Je ne resterai que quelques petits jours à Parentis. Mon meilleur
camarade d'école, celui avec qui,
gamin, j'ai fumé ma première cigarette, appris, comme lui,
à nager dans le lac, en cachette de
nos parents et inconscients du danger que nous courions,
bref, mon vrai copain, Robert Lalaude, n'est plus de ce monde.
Militaire comme moi, il servait dans l'aéronavale et il a trouvé
la morte en Tunisie, dans un accident aérien. Mes autres camarades
sont pris par leurs occupations et, à vrai dire, nous n'avons plus
grand chose en commun.
Aussi vais je passer encore deux ou trois jours à Bordeaux chez la tante
Jeanne et son mari Jean Coussilan que, bien que nous n'ayons aucun
lien de parenté, j'appellerai rapidement tonton. Ils logent tous
deux au no 28 de la rue Naujac, près des ruines du Palais Gallien,
dans un appartement sans grand confort. Tonton travaille comme
magasinier à la librairie "Les bons livres" et ne dispose
que de très modestes revenus. Quelque temps avant la guerre ils
avaient acheté une petite échoppe près de la gare Saint-Louis, au
n0 18 (ou 19 de la rue Armand Dulamon, en face d'une fabrique de tôles
d'aluminium et tout près, malheureusement, des bassins à flot ou
la Kriegsmarine, en 1941, a entrepris la construction d'une base
pour ses sous-marins. Les bombardiers de la Royal Air Force ont fréquemment
pilonné le site évidemment, si la base a "trinqué" les
alentours eux aussi ont souffert et leur maison, sans être
totalement détruite, a été bien abîmée et rendue inhabitable.
Les réparations sont en cours mais avancent très lentement car les
services chargés de la reconstruction sont surchargés. Peut-être
sera t'elle de nouveau habitable dans le courant de 1946. On le leur
a laissé espérer. Durant mon court séjour, j'aperçois à peine
Mademoiselle Andrée Marchadier, que toute la famille appelle Dédée,
très prise par son emploi de vendeuse dans un magasin de
chaussures, la Cordonnerie Universelle, à l'angle de la rue Ste
Catherine et du cours d'Alsace-Lorraine. Elle est toujours aussi
mignonne, pimpante, enjouée, mais, à vrai dire, je ne semble guère
l'intéresser. Elle n'a pas encore 17 ans ou vient tout juste de les
avoir et n'est pas encore très sensible au « prestige de
l'uniforme »
Je vais passer les derniers jours de ma permission à Marseille où j'ai
promis aux parents de Jacques Lamotte d'aller les voir et leur
parler de leur fils. Devoir pénible mais qu'il faut bien accomplir.
Je suis bien sur, très bien accueilli et nous nous entretenons
longuement du cher disparu et je réussis parfois, quand même, à
les faire sourire quand je leur raconte de quelle façon, Jacques et
moi, avons passés en 1944, quelques jours de permission à Alger.
Je profite également de ce voyage à Marseille pour aller rendre
visite à des oncles et tantes dont j'ai, dans mon enfance, entendu
parler mais que je n'ai jamais vus, frères et. sœurs de ma mère
(ils étaient neuf enfants chez les Larche ) qui, pour gagner leur
vie, avaient quitté leurs Landes natales pour aller en Provence,
avant ma naissance, exercer le métier de "résinier"
(gemmeur) dans les pinèdes de l'Esterel. C'est ainsi que je fais la
connaissance d'une cousine de mon âge, Raymonde Larche, fille de
mon oncle Raymond qui vit, à l'époque, aux Trois Lucs, tout près
d'Aix en Provence, je rencontre aussi ma grand-mère maternelle.
Maria Larche, qui vit également à Aix en Provence chez ma tante
Marguerite. Rencontres éphémères qui n'auront guère de suites
car ma mère, la cadette des neuf enfants, depuis son divorce en
1931 a coupé tous les ponts avec ses frères et sœurs, à
l'exception de Jeanne qui, mariée à Louis Saubesty, habite à Poms,
un petit quartier de Parentis, tout prés d'Ychoux.Et ma permission s'achève, je rejoins Wurzach où nous préparons
activement Noel, notre premier Noël de paix depuis 6 ans.
Ici, la neige ne manque pas,
pas besoin d'enguirlander le sapin que nous installons sur la
place principale, face au château, la neige s'en charge et, avec
les quelques ampoules de couleur dont nous le parons, le spectacle
est féerique. La population allemande, avec qui nous entretenons
depuis toujours les meilleures relations, prend sa part des réjouissances
et est convié à la messe de minuit qu'un aumônier militaire, avec
le prêtre de Torzach, vient célébrer dans la chapelle du château.
Avec quelle ferveur chacun assiste à l'office et si nous, Français,
mettons tout notre cœur à chanter "Les anges dans nos
campagnes", le
sublime "Heilige nacht, oh stille nacht!" entonné par
l'assistance allemande lui donne un caractère encore plus sacré.
Oui, ce soir là, tous réunis, nous avons communié avec les
paroles du Gloria. et in terra pax hominibus bone voluntatis "
( et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ) J'en frémis
encore 56 ans après, sans doute pour moi la plus magnifique Messe
de Minuit à laquelle il m'est été donné d'assister.
L'année
1946 commence, cela fait à présent bientôt 8 mois que nous sommes
à Wurzach. Des rumeurs circulent, faisant état de notre prochain départ
pour une autre région. Pour
des raisons faciles à comprendre, nous préférerions qu'il ne
s'agisse que de rumeurs car nous avons tous pris, ici, nos habitudes
et nous voudrions bien que cela dure.
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Chez le dentiste, un piano...
Juin 45
Mon
char, le Ney III avec mon tireur, Rochereau. (juin 45)
Wurzach
– été 1945 – de gauche à droite. Michel Malserves, moi, MdL
Daous, MdL Gastaudo, Mdl Biscarrat, Mdl Bardiaux, MdL chef Henry
Wurzach
– juillet 1945 – de gauche à droite MdL Serret, Paulo Duhamel,
moi et devant, l’adjudant Nicot

Aout
45, Dépôts de munitions d’Urlau, assis sur un obus de 380 mm, désamorcé
(pas de fusée à l’ogive)
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