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1952 - La plaine des Joncs |
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Après 24 jours de voyage je débarque donc à Saigon en cette fin août 1952. Les légionnaires (sous-officiers et hommes de troupe) sont emmenés au camp Petrusky, les officiers au camp des Mares (à quelques centaines de mètres du centre-ville) où je passe ma première nuit indochinoise sous la moustiquaire et fais la connaissance des "margouillats", petits lézards blancs, presque translucides, qui se promènent partout, y compris au plafond grâce à leurs pattes munies de ventouses ou sur les moustiquaires, se nourrissant de moustiques et de mouches, ils n risquent pas de mourir de faim. De temps à autres, l'un d'eux décroche du plafond et tombe sur le carrelage avec un bruit mou on le croit mort ou, du moins, assommé, que nenni, il repart dare-dare et se remet en chasse. Curieuse petites bestioles auxquelles on s'habitue très vite. Je dors très peu cette nuit là. Comme je me sens loin de ma petite femme chérie dont je suis sans nouvelles, et pour cause, depuis près d'un mois. Vite, une première carte pour lui dire que je suis bien arrivé et lui redire combien je l'aime. Mais je ne puis toujours pas lui donner mon adresse que je ne connais pas encore. Le lendemain, je me présente au Bureau "Légion Etrangère" de 1'etat-Major Inter Forces Terrestres (EMIFT) qui va décider de mon affectation car, ici, le 1er Etranger de Cavalerie est scindé en deux Groupements Amphibies (GA), le 1er qui, pour l'instant, est stationné à l'extrémité du Delta du Mékong, et le 2ème qui, lui, se trouve dans le nord, au Tonkin, dans le Delta du fleuve Rouge, où il opère entre Haiphong, Hanoi , Nam-Dinh et le Golfe du Tonkin. Je sors de ce bureau affecté au 1er Groupement amphibie du 1er REC dont le Poste de Commandement (PC) est à Sadec (l50 Kms au sud-ouest de Saigon) et comprend 6 escadrons : 2 à Sadec, 2 à Mytho (60 Kms au sud-ouest de Saigon) et 2 autres Tra-Vinh (200 Kms au sud ouest de Saigon) presque à l'extrémité de la Pointe de Camau. Toutes ces unités sont situées sur des bras du Mékong ce qui leur permet d'embarquer facilement sur les barges de débarquement de la Marine Nationale avec qui elles opèrent fréquemment. Je rejoins donc le camp des Mares en attendant que ma nouvelle unité vienne me prendre avec le détachement de Légionnaires qui m'accompagne et lui est destiné. Je suis depuis deux jours à Saigon lorsque, au matin du troisième, je suis appelé au bureau des entrées du Camp des Mares où je suis mis en présence d'un lieutenant du 1er G.A. du 1er REC, chargé de m’emmener, ainsi que le détachement de légionnaires, à Sadec. Nous prenons aussitôt la route, direction Mytho puis Sadec. Je suis avec le lieutenant dans un "Command car", grosse voiture Dodge découverte qu'un légionnaire d'une quarantaine d'années pilote d'une main de maître et un GMC chargé des Légionnaires nous suit. Nous sommes tous armés car une mauvaise rencontre est toujours possible. Nous n'allons pas lanterner en route et, chaque fois que l'état de cette dernière le permet nous dépassons les 45 Miles Per Hour. Curieuse guerre que celle que nous menons ici en Cochinchine. En effet, contrairement au Tonkin où, à cause de la frontière commune avec la Chine, les forces Franco Vietnamiennes se heurtent à des bataillons Viets assez fortement armés, quoique très mobiles, nous n'avons affaire, ici, qu'à des groupes de franc tireurs, des "zu quit" en langage Viet, qui opèrent soit par embuscades le jour soit, la nuit, par sabotage des routes, en créant, pour la plupart du temps avec l'aide des habitants des "giongs" (villages) voisins, des tranchées entamant la moitié droite de la route et vingt mètres plus loin la moitié gauche et ainsi de suite sur une bonne centaine de mètres que nous appelons des "touches de piano ». Ils procèdent également au harcèlement des postes légers qui, tous les deux à trois kilomètres sont chargés de surveiller la route et, le jour venu, de patrouiller de poste à poste en déminant le ça échéant, mais se contentant le plus souvent de constater les dégâts faits à la route. Rien à voir donc avec la guerre que nous avons menée contre les Allemands. Ici l'ennemi est partout et il est nulle part. Rien ne ressemble plus à un "zu-quit" que le petit "gna-qué" (paysan) qui, chevauchant le cou d'un des buffle du troupeau qu'il garde dans la rizière, nous regarde passer en souriant de la façon énigmatique et impénétrable si particulière aux asiatiques. Oui, je comprends très vite que, dans tous les déplacements que je vais avoir à effectue durant ce long séjour qui va être le mien, il ne s'agira pas d'avoir "l'oeil du touriste" mais bien celui du combattant et d'être constamment sur mes gardes. Nous voyageons depuis presque trois heures lorsque nous prenons le bac qui nous fait traverser le Mékong juste avant d'entrer à Sadec où tout le monde descend. Je suis aussitôt présenté au Lieutenant-colonel Debray qui commande le 1er GA du 1er REC qui me dit qu'il m'affecte au groupe d'escadrons de Tra-Vinh que je rejoindrai le lendemain. A Sadec je fais connaissance de l'encadrement des deux escadrons qui y sont stationnés, notamment des lieutenants Von der Heiden, Hoffman et Volmer qui, malgré leurs noms à consonance nordique ou germanique très "Légion Etrangère" sont, à part Volmer qui, lui, sert à titre étranger, issus tout comme moi de la "régulière". J'aurai maintes fois l'occasion d'opérer avec eux. Le lendemain, c'est le Capitaine Germain, qui commande en second le groupe d'escadrons de Tra-Vinh, qui vient me chercher et nous prenons aussitôt la route avec les quelques légionnaires destinés à ce groupement. Les quelques 50 Kms qui séparent Sadec de Tra-Vinh sont vite avalés sans anicroche et nous voici dans ce qui sera ma ville de garnison durant quelques mois. Travinh, environ 10.000 habitants avec seulement un centre ville de maisons en dur apparemment assez confortables, est essentiellement composée de paillotes de bois, aux toits en feuilles de latanier, construites en bordure des "rachs" (rivières) encombrées de "luc-bins" (sorte de nénuphars) qui amènent aux rizières l'eau d'un des nombreux bras du Mékong au bord duquel est construite la ville. C'est un chef-lieu de province apparemment calme, à forte population d' origine khmère (cambodgienne) qui a peu d'atomes crochus avec le Vietnamiens de souche cochinchinoise. Cette population vit essentiellement de ses rizières et de la pêche, Mon groupement comporte le 2ème escadron, équipé de petits véhicules Wesel baptisés «Crabes» dans l'Armée Française, qui, grâce à leurs larges chenilles, se déplacent facilement en milieu aquatique à condition toutefois qu'il continue à avoir pied, car, s'il flotte, le moindre clapotis risque de l'envoyer par le fond, le niveau de l'eau étant à moins de 10 cm du sommet de la caisse du crabe. Cet engin a été surtout utilisé avant la guerre 39-45 par Paul-émile Victor lors de ses expéditions polaires et ici, dans les rizières ou le sable où il se déplace aisément. Chaque peloton de l'escadron comporte 5 crabes dont 4 sont armés d'une mitrailleuse, le 5ème d'un canon de 57mm sans recul. L'autre escadron, le 12ème, est formé d'un peloton de 8 de ces fameux chars amphibies, les LVT (Landing Véhicle Tank) qui, comme je l'ai déjà mentionné, ont été récupérés auprès des Marines US et que nous appelons "alligators", glorieux vétérans des débarquements américains dans les différents atolls et îles du Pacifique. Certains de ces LVT servent au transport de personnels et sont armés de mitrailleuses légères ou lourdes, d'autres ont une tourelle équipée d'un canon de 75 mm court jumelé avec une mitrailleuse légère. Tous ces engins flottent et "nagent" parfaitement grâce à leurs chenilles à godets, à condition toutefois que l'eau soit assez calme. Ce peloton transporte un gros élément porté, le "commando", appelé à combattre à pied, d'environ une soixantaine de légionnaires et supplétifs, ces derniers, pour la plupart, d'origine cambodgienne. Je suis affecté au 2ème escadron dont je prends rapidement le commandement du 1er Peloton à la suite du lieutenant Baratchart qui, lui, prend le commandement du 2ème escadron. Je suis immédiatement adopté par les autres officiers du groupe d'escadrons: le Capitaine Germain qui vient de succéder comme commandant du groupe d'escadrons au Capitaine Jouannic arrivé en fin de séjour, les lieutenant Chapuis, Fabre, un camarade de la Promo Leclerc, Holle, Calmar, Galtier. Tous, comme moi, venant de la "Régulière". Tous les officiers sont logés dans la même maison coloniale en dur, très confortable, chacun y a sa chambre, tenue impeccablement par le légionnaire ordonnance de chaque officier. C'est, en effet, une habitude à la Légion Etrangère que chaque officier dispose d'un ordonnance qui s'occupe de tous les problèmes domestiques incombant à chacun, comme le lavage du linge, son entretien, son repassage, l'entretien de la chambre, du couchage, des chaussures, etc.. Mon ordonnance se nomme Birk, un Allemand d'une vingtaine d'années qui me suit depuis Nouvion. A quelques centaines de mètres de notre villa se trouve le quartier, caserne Adjudant Nilson, où sont logés les personnels sous-officiers et troupe du groupe d'escadrons ainsi que tout le matériel. Nous sommes parfaitement autonomes, c'est ainsi que notre infirmerie est dirigée par le Maréchal des Logis Brucker, d'origine allemande et qui, à ce que l'on dit, était médecin chirurgien dans son pays avant de s'engager à la Légion. Par son talent et son dévouement en opérations, il sauvera bien des vies! Voici donc planté le nouveau cadre de mon existence. Enfin je puis envoyer à ma femme chérie ma nouvelle adresse et j'attends à présent de ses nouvelles car, depuis mon départ de Nouvion je n'ai évidemment rien reçu. Ma première opération ne tarde guère. Il s'agit d'aller dans la Plaine des Joncs, vaste zone insalubre semi inondée qui s'étend à l'ouest de Saigon jusqu'en bordure de la frontière cambodgienne sur plusieurs Kms et où il ne pousse que des joncs, d'où son nom. Nous sommes, grâce à nos engins, les seuls à pouvoir y circuler et faire en sorte, par nos incursions, que les Viets ne puissent s'y installer à demeure. Les opérations que nous y menons portent le nom de code de Tourbillon et nous en sommes à Tourbillon VII. Nos crabes sont transportés au plus près par camion CMC (un CMC transports un "crabe" et son équipage) et là, pendant 4 ou 5 jours chaque fois nous arpentons cette maudite plaine, nous guidant à la boussole car les joncs, plus hauts que les crabes, empêchent de voir le moindre point de repère, franchissant diguettes et canaux avec les pires difficultés. Ces canaux dont certains portent toujours le nom français des ingénieurs qui, dans le temps, les ont fait creuser, comme les canaux Lacombe et Lagrange, ou le canal Tap muoi, nous en ont fait baver avec leurs parois abruptes qu'il nous fallait aménager à la pelle et la pioche pour que nous puissions les franchir. Nous ne rencontrons que très rarement les Viets qui ont tout le temps de fuir en entendant les moteurs, et nous nous contentons de détruire leurs installations, de couler leurs sampans et d'incendier les joncs en repartant. Nous évitons toujours de rouler dans les anciennes traces car les le plus souvent Viets prennent un malin plaisir à les miner ainsi que leurs paillotes ou les "jardins suspendus" (platelages de tôles posés sur des piquets de 1 m au-dessus du sol sur lesquels ils mettent une épaisseur de bonne terre et font pousser des légumes : choux chinois, oignons, piments, ignames.) Dans mon peloton j'ai deux sous-officiers, mon adjoint, le Maréchal des logis Chef Winterpelz, Suisse et le Maréchal des Logis Dardier, Espagnol, c'est du moins ce qu'il prétend mais, de par son accent, je le crois plutôt originaire de la région toulousaine., une douzaine de Légionnaires et autant de supplétifs cambodgiens. Il n'est pas toujours facile de se faire adopter par les Légionnaires quand on vient de la "régulière". Ils sont prêts à sacrifier leur vie mais ils exigent des chefs en qui il puissent avoir toute confiance et malheur au chef qui, au premier coup de feu, se montrera hésitant, indécis, il sera vite muté hors Légion. Pour ce qui me concerne j'ai été très vite admis et ma seule surprise a été, lors d'une opération en rizière, d'entendre Winterpelz me rendre compte par radio ; " A 9 heures ( à 180 par rapport à notre direction de progression) à environ 300 mètres, un vélomoteur sur la diguette!.." Incrédule, n'ayant aperçu qu'une ombre fugitive qui venait de disparaître dans la rizière, je répétais, étonné : " un vélomoteur? sur la diguette?" C'est alors que, hilares, mon pilote Lorentz et mon mitrailleur Lefevre m'ont dit : "Oui mon lieutenant, un "vélomoteur", un VM pour Viet-Minh. » En effet, je n'étais pas encore au courant du jargon opérationnel utilisé à l'escadron et l'histoire a fait rire tout le monde au peloton, moi le premier. Au 2ème escadron je suis le seul officier à commander un peloton de crabes, les deux autres sont commandés par des Maréchal des Logis Chefs, le 2ème peloton par le Maréchal des Logis Chef Degueldre, le 3ème par le Maréchal des Logis Chef Garderes. Degueldre est un Légionnaire déjà ancien, le type même du guerrier aux multiples actions d'éclat qui lui ont permis d'obtenir un avancement rapide, ce qui n'est pas si courant à la Légion et il en est à son second séjour en Indo. C'est un chef dans toute l'acception du terme. D'origine belge, il est, comme l'on dit à la Légion " rectifié ", c'est à dire qu'il sert désormais sous sa véritable identité car, c'est bien connu, en s'engageant, le Légionnaire doit décliner à la Légion sa véritable identité mais il a le droit de demander à servir sous un autre nom. A l'issue de son second séjour ( il quittera l'escadron début 1953 ) après un bref séjour à Sidi Bel Abbes où il se fera breveter parachutiste. Il reviendra comme adjudant au 3ème BEP (Bataillon Etranger de Parachutistes) mais trop tard pour sauter sur Dien Bien Phu. Rentré en Afrique du Nord, il rejoindra le 1er Régiment Etranger de Parachutistes, y sera promu sous-lieutenant puis lieutenant. Lors du "putch" d'Alger en avril 1961, il entrera en clandestinité, fera partie de l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète) où il deviendra le chef des Commandos Delta, luttant contre le FLLT et ses "porteurs de valises". Arrêté, jugé, condamné à mort il sera fusillé le 6 juillet 1962. Roger Degueldre, je t'ai bien connu. Tu as été le Légionnaire que j'admirai tu as cru constamment servir la. bonne cause, tu as lutté toujours contre le même ennemi, tu as cru, toi aussi, en la parole donnée, tu l'as payé de ta vie, je te salue, Roger et te garde toute mon estime et mon amitié. Après cette digression, je retourne à mon récit. En novembre, comme le Groupement Amphibie est en "Réserve Générale" de 1'Etat-Major Inter-Forces Terrestres (EMIFT), il reçoit l'ordre d'aller opérer, durant la saison d'hiver, au Tonkin, dans le delta du Fleuve Rouge, entre Hanoi, Phu Ly, Nam Dinh et Haiphong. Des LCT (Lanc Craft Tank) de la Marine viennent embarquer à Travinh les 2ème et 12ème escadrons pour les amener à Saigon où les LST (Landing Ship Tank) les prendront en charge jusqu'à Haiphong. La base arrière du Groupe d'escadrons reste néanmoins à Travinh et, son gardiennage devant être assuré, je me vois chargé de cette mission, secondé par le lieutenant Galtier. C'est là que nous allons passer la fin de l'année 1952. J'ai enfin des nouvelles de ma femme qui me dit avoir brillamment passé son permis de conduire et m'assure que, bien entourée, elle conserve un moral élevé. Je lui ai, depuis mon arrivée en Indo, délégué le maximum possible de ma solde, ne conservant pour moi que quelques piastres pour payer ma popote et acheter quelques bricoles de ci, de là. Avec Galtier nous allons parfois, le soir, au marché de Travinh qui est, pou nous, une curiosité. Il se tient la nuit à cause des mouches et tous les marchands, de légumes, fruits, volailles ou poissons pour l'essentiel mais aussi de soupes et de viandes ont chacun des étals éclairés par une lampe à acétylène suspendue à un fil de fer. Marché très animé, aux puissantes senteurs, parfois fort désagréables. Assis sur leurs talons, position que nous, européens, sommes pour la plupart incapables d'adopter, les autochtones avalent leurs bols de soupe ou de riz à l'aide de baguettes qu'ils manient avec une surprenante dextérité. Il ne faut pas oublier que nous sommes en I952 et que, pour nous, c'est un spectacle tout nouveau. Galtier et moi nous contentons de commander un bol de soupe que nous assaisonnons de "nuoc-mâm" français, c'est à dire de Jus de viande MAGGI car le nuoc-mâm local tout trouble et particulièrement odorant n'est pas encore entré dans nos habitudes. Nous mangeons aussi, parfois, des tranches de calamar séché que les marchands font rapidement frire dans l'huile de coprah. Le fait d'être le "patron" momentané de la base arrière du groupe d'escadrons me vaut d'être parfois invité par les autorités civiles à certaines festivités et repas vietnamiens, Ce qui me permet de faire la découverte, dans le domaine de 1a gastronomie, de certaines et oh combien surprenantes, spécialités locales. C'est ainsi que, un certain jour, j'ai trouvé excellents des petits beignets bien doré de la grosseur d'un petit doigt et longs d'environ 3 à. 4 cm que j'ai pris pour des beignets de cervelle de mouton, bien que le mouton soit un animal extrêmement rare dans la région. J’ai appris, à la fin du repas, qu'il s' agissait en fait, de larves d'une sorte de hanneton qui vient pondre ses oeufs dans la boue de digues de terre qui bordent tous les "rachs", et dont les gens du cru sont très friands. De même j'ai mangé, ne l'apprenant que longtemps après, du rat de rizière qui, il est vrai, ne se nourrit que de paddy (riz non décortiqué).
Et voilà la fin de l'année 1952. Mes Légionnaires ont confectionné, de trois fois rien mais avec une adresse remarquable, une superbe crèche de Noël autour de laquelle nous nous rassemblons pour un semblant de réveillon. Chants de Noël dans un peu toutes les langues mais surtout le merveilleux « Heilige Nacht! Stille Nacht » qui me fait me remémorer le Noël 1945 à Wurzach. Tous les chants "Légion" de l'époque y passent aussi, à commencer par "le Boudin", continuant par « Képis blancs », "Westerwald" et "Anne-Marie", pour terminer par le chant du 1er REC que nous chantons debout et au garde à vous. Faute d'aumônier il n'y a pas eu de messe de minuit. Ma messe, je l'ai dite dans mon cœur, en communion de pensée avec ma chère et tendre épouse. Oui, ce soir là, je me sens bien seul. Mais il faut être courageux et ne pas subir.
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