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ga Lescastreyres (suite) Un
Spahi au Maroc
(
janvier 1955 - juillet 1957) |
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mise
à
jour 14 octobre 2003 |
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Nous avons très peu dormi cette première nuit parisienne de nos
retrouvailles tellement était immense le bonheur de nous sentir à
nouveau réunis! Combien il nous semble beau le soleil de ce jour
d’octobre qui se 1ève sur la capitale !
Avant de partir vers la région bordelaise il me faut donc aller au
Ministère des Armées, à la DPMAT (Direction des Personnels Militaires de
l'Armée de Terre) où je dois régulariser ma situation y faire établir
mon congé de fin de campagne et voir quelles seront mes possibilités de
future affectation.
C’est tout joyeux que, laissant Dèdèe et Noël à l’hôtel, je prends le
métro pour le Boulevard St Germain. Là, le colonel qui me reçoit me dit
que, en tant qu’officier venant de servir à la Légion Etrangère il ne
voit pas pour moi d’autre affectation future que le 28ème Etranger de
Cavalerie à Oujda au Maroc. Pour des raisons que j'ai déjà exposées
précédemment, je me vois, avec regret je l’avoue, obligé de décliner
cette offre. Il m’est alors demandé de faire connaître mes préférences
parmi les régiments de l’ABC stationnés en France en Allemagne et en
Afrique du Nord.
Je demande, d’abord, à retourner au 1er CUIRS (le régiment de mon coeur,
bien sûr) mais il m’est répondu que,ayant déjà servi longtemps en
Allemagne comme sous-officier puis officier avant mon départ pour
l’Extrême-Orient, je n’ai pratiquement aucune chance de voir mon voeu
exaucé.
Deuxième choix : le 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique ( là aussi c’est
encore mon coeur qui parle !) ce à quoi il m’est laissé entendre que à
moins d’être « fils d’ archevêque » ou d’avoir au moins « un député bien
en cour ou un Général dans ma manche », il vaut mieux que je ne me berce
pas d’illusions. D’ailleurs, me dit cet officier supérieur, toutes les
places de lieutenant déjà ancien sont prises dans les régiments d'AFN,
notamment ceux stationnés au Maroc J'aurai l’occasion de constater que
cette affirmation était, pour le moins, surfaite.
Je maintiens quand même mes demandes pour une affectation, soit aux
Forces Françaises en Allemagne, soit au Maroc. De plus, comme il me faut
quand même choisir un régiment en France, autant aller dans un régiment
où je connais déjà quelqu’un aussi je "choisis" le régiment stationné à
La Valbonne à l’est de Lyon, où mon ami Galtier, avec qui j’étais au 1er
Etranger de Cavalerie se trouve désormais affecté. Muni de mon congé de
fin de campagne de 90 jours, je quitte la DPMAT assez déconfit et
persuadé qu’en définitive, je serais, dans quelques mois, affecté à La
Valbonne. Mais, tout au bonheur de vivre trois mois de vacances avec mon
épouse, je n’en fais pas pour autant « une maladie » et puis j’y suis
habitué... à la grâce de Dieu!... . Inch Allah! ...
.De retour à Saint-Cloud, nous prenons aussit8t la route, en fin de
matinée, direction Bordeaux. C’est Dédée qui conduit la Simca Aronde et
je suis étonné de voir avec quelle maestria elle se joue des difficultés
de la circulation dans cette banlieue parisienne. Où est la jeune
apprentie conductrice que j’avais laissée deux ans et demi auparavant,
toute frêle et tremblotante au volant de la grosse Traction avant
Citroën ?
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A lire aussi |
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Témoignage vécu de la seconde guerre mondiale. Le jeune Raymond
Lescastreyres qui, à seize ans, passe du courrier clandestinement à Mont
de Marsan et, dénoncé à la Gestapo, doit s'enfuir en Zone Libre où il
s'engage dans l'armée française. Après deux ans de classes en Afrique du
nord, il débarque enfin en Septembre 1944 en terre française où il
participe avec son régiment de Cuirassiers à la libération de l'Alsace
et poursuit jusque sur les rives du lac de Constance une épopée
victorieuse. Un récit palpitant, illustré d'anecdotes personnelles et
écrit avec un grand soucis d'exactitude. |
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Quartier Bournazel 14 juillet 1955
Le Lieutenant Colonel Martin-Siegfried me décore de la croix de la
Légion d’Honneur |
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A lire aussi |
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Un Crabe à la Légion -
Indochine 52-54

Ces pages relatent les campagnes de la guerre d'Indochine du Lieutenant
Raymond Lescastreyres de 1952 à 1954 au sein du 1er Régiment Etranger de
Cavalerie ( 1er REC ) et constituent un témoignage vécu de cette période
de l'histoire. Nous y suivons le deuxième Escadron de « crabes » dans
diverse opérations au Tonkin et en Cochinchine. De la cote d’ Annam à la
plaine des Joncs, en passant par la rue Sans Joie, ce récit nous fait
vivre le quotidien de ces Légionnaires, légendaires mais néanmoins
humains |
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En 1954 il n’y a pas
beaucoup d’autoroutes en France (on commence à peine leur construction)
mais la circulation y est encore très fluide aussi par Etampes et
Orléans sommes-nous assez rapidement au bord de la Loire, à Blois. A
Tours, nous faisons un petit détour à Montbazon pour aller dire un petit
bonjour à la cousine Yvonne et son mari Camille Moussu à Monts et nous
reprenons la route jusqu’à Poitiers où nous décidons de passer la nuit
dans un hôtel en face de la gare.
Ah! Cette nuit à Poitiers, nous nous en rappelons bien. Là non plus nous
n’avons pas beaucoup dormi mais pour d’autres raisons.
Les chambres de notre hôtel donnaient sur la gare et, à cette époque, la
circulation des trains était aussi intense de nuit que de jour, y
compris pour le trafic "voyageurs" et les chambres n’étaient pas comme à
présent, équipées de double vitrage aux fenêtres, aussi, tout au long de
la nuit, non seulement le roulement martelé des trains sur les voies
nous tenait éveillés mais, en plus, chaque train de voyageurs s’arrêtant
en gare était accueilli par un tonitruant Poitiers, le POI- dit sur une
note haute et brève, le -TIERS dit sur une note plus grave et traînante,
répété plusieurs fois au mégaphone à hauteur de chaque wagon.
Quand nous sommes repartis le lendemain matin, "bien reposés", à chaque
feu rouge qui nous contraignait à l'arrêt, Noël, à l'arrière de la
voiture ne manquait pas de singer le "stentor" de la gare en nous
répétant : POI - TIERS!
Angoulême, Barbezieux et voici en fin de matinée, Bordeaux dont nous
apercevons, au loin la flèche de l'église Saint-michel La côte des
quatre Pavillons, le Pont de Pierre (Il n'y a encore qu'un seul pont
routier sur la Garonne à Bordeaux.
Sans nous arrêter nous filons par les boulevards vers la barrière de
Saint Médard,
Direction Issac où Louise et Jean-Claude nous attendent. C'est là que
nous allons passer le plus clair de mon congé, dans un petit deux-pièces
meublé situé dans une maison proche. Nous serons au calme, mais pas tout
à fait le calme absolu care chaque jour ou presque nous serons réveillés
de très bon matin, non par un quelconque gallinacé, mais par le fils de
nos voisins, dont nous ne sommes séparés que par une simple cloison, qui
levé dès potron-minet, débute chacune des nombreuses questions qu'il
pose à son père d'un claironnant « Dis, papa! »
Prenant nos repas chez mes beaux-parents, ces quatre vingt dix jours de
vacances ont bien vite passé, entrecoupés de voyages à Parentis chez mes
parents et chez les oncle et tante Coussillan. Nous en avons également
profité pour aller à Lyon, rendre Visite à mon ami Galtier, son épouse
et sa grande fille. Avec eux, nous sommes allés voir à La Valbonne ce
qui sera, peut-être, ma future affectation. A dire vrai nous n'avons pas
été franchement emballés, compte-tenu surtout des possibilités de
logement qui, à l’époque y étaient offertes.
Au retour de LYON nous avons fait une halte dans ce qui fut le village
martyr d'Oradour sur Glane, dans la Haute Vienne, totalement anéantie en
juin 1944 par la Division allemande SS Das Reich, et dont seulement de
très rares habitants échappèrent au massacre, tout ayant été laissé en
l'état, quelle tristesse, quelle désolation émanaient encore de ces
ruines que les mousses et herbes folles envahissaient. Il y planait
encore comme une odeur d'incendie et de charnier. L’ombre de tous ces
morts était bien là, présente.
À quelques kilomètres de là nous avons rendu visite aux rares survivants
de la famille de Dédée les Marchadiers, originaires de Roumazières, aux
confins de la Charente et de la Haute Vienne; les Blanchetons, branche
maternelle de Dédée, étant eux originaires de Saint Junien, dans la
Haute Vienne, proche de Limoges.
A la Toussaint 1954, voilà que la rébellion éclate en Algérie où des
Européens, colons et instituteurs notamment, sont égorgés dans les Aurès
et les Nementchas, massifs montagneux au sud-est d'Alger. Ce qui va
devenir la "guerre d'Algérie" vient de commencer alors qu'en haut-lieu
on s'accorde à penser qu'il ne s'agit que d'une flambée de colère toute
passagère.
Vers la fin novembre me parvient ma nouvelle affectation : le 4ème
Régiment de Spahis marocains, stationné à Fès, au Maroc. J'en suis tout
ébahi car, après ce qui m'avait été dit à la DPMAT, n'étant pas "fils
d'archevêque" je ne m'y attendais pas du tout. Sans doute les évènements
d'Algérie y sont ils pour quelque chose. Cette affectation nous comble
d'aise. Dédée va ainsi avoir l'occasion de connaître un coin d'Afrique.
Je dois rejoindre mon nouveau régiment pour le 15 janvier 1955. il nous
faut donc penser à acheter nos premiers meubles à commencer par une
chambre à coucher, une table et quelques chaises, pour le reste nous
verrons bien sur place.
Voici décembre qui passe bien vite. Le District Maritime de Bordeaux me
fait savoir que, le 8 janvier, j'embarquerai à Bordeaux à destination de
Casablanca sur le paquebot « Maroc ». Je partirai seul, mon épouse
chérie me rejoindra un peu plus tard, le temps que je puisse trouver à
nous loger à Fès. Noël et le Jour de l’an se passent en famille dans la
joie, joie d'autant plus grande qu'il semble bien que ma Dédée soit au
tout début de l'attente d'un heureux événement
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Fès 14 Juillet 1955
Avec mon peloton, je me dirige vers le lieu de la prise d’armes.
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Et le 8 janvier est là. Mon départ de Bordeaux ne ressemble en rien à ce
que fut un peu plus de deux ans et demi auparavant, mon départ pour
l’Indochine. Là, Dédée est venue, en famille m'accompagner,jusqu'au port
et c'est sans la moindre crainte pour notre avenir que je l'embrasse une
dernière fois avant de franchir la coupée du paquebot Maroc.
Voyage sans histoire qui me voit, deux jours plus,tard, débarquer à
Casa, sur ce port que je retrouve 13 ans après l'avoir quitté et qui me
rappelle de si poignants souvenirs. La ville a bien changé. Il y a
toujours la Place de France mais désormais elle est tout autour
surplombée de mini gratte-ciel et est toujours aussi animée. Au centre
de transit situé tout près du port et où je suis logé, je ne reste
qu'une nuit et, dès le lendemain je prends le train Casablanca – Oujda
qui, par Rabat et Meknes m’améne à destination en milieu d'après-midi.
Une jeep m’attend et je suis aussitôt présenté au Lieutenant-Colonel
Martin Siegfried.
Mon nouveau chef de corps, qui m’affecte d’emblée au 1er Escadron
comme Lieutenant en premier, c’est à dire, en somme, adjoint au
Capitaine Jacques Bordier qui le commande. Je prends également le
commandement du 1er Peloton.
A l’escadron nous ne sommes que deux officiers chefs de pelotons, le
Sous-Lieutenant Turck et moi. Où est-elle la pléthore de lieutenants
dont on me parlait à la DPMAT ? Le 3ème peloton étant commandé par le
Maréchal des Logis Chef Schwartz.
Le régiment est équipé d’ EBR (Engin Blindé de Reconnaissance) armé
d’un canon de 75mm anti-chars et fabriqué par Panhard. C’est un matériel
récent, aux capacités tous terrains évidentes et qui a la particularité
de pouvoir rouler avec la même facilité dans un sens que dans l’autre.
L’équipage de chaque engin est de 5 hommes : un chef de bord, un tireur,
un chargeur, un pilote avant, un pilote inverseur. Il n’est donc plus
nécessaire de faire demi-tour sur les routes et chemins étroits que nous
allons être appelés à parcourir, ce qui nous sera, bien-souvent, fort
utile.
L'ambiance du régiment est excellente et j’ai très vite fait de m’y
sentir à l’aise et d’y faire mon trou. Le ménage Turck me prend sous son
aile protectrice en attendant que mon épouse me rejoigne et je suis
fréquemment invité chez eux. Lui, Gilbert, est un ancien adjudant-chef
promu sous-lieutenant et a bien dix ans de plus que moi. Ils
m’apprendront beaucoup de choses car le Maroc, ils le connaissent, et
Fès en particulier. Pour commencer, je suis logé à l’hôtel, tout prés du
mess des Officiers, sur l’avenue de France, dans ce que qu’on appelle
alors la ville nouvelle, la ville européenne qu’en arabe on nomme Fès el
Djedid où Fès la jolie, comparativement à la ville arabe, médina ville
impériale si riche en monuments et qui de tous temps est appelée Fès el
Bali ou Fès l’ancienne.
A l’époque le Maroc est encore relativement calme. Certes les
événements d’Algérie y ont quelques répercussions qui s’ajoutent au
malaise latent qui subsiste depuis la destitution, puis l’exil du Sultan
Mohammed V à la fin de 1953. Quelques échauffourées se sont déjà
produites dans quelques médinas, notamment dans celle de Casablanca,
mais les routes sont encore sûres et le "bled" ne connaît encore pas
d’agitation marquée. Aussi, lorsque le service du logement de la
garnison me fait savoir que, au début du mois de mai je pourrai disposer
dans un grand bâtiment que l’on appelle la SIAF(et dont je suis bien
incapable de dire ce que ce sigle signifie) situé dans l’avenue de
France d’un studio, je décide de faire venir au Maroc ma chère épouse
sans tarder. En attendant mail nous logerons tous deux à l’hôtel où je
me trouve déjà. J’annonce aussitôt la nouvelle à Dédée et elle fait sur-le-champ
le nécessaire auprès du District Maritime de Bordeaux pour pouvoir
embarquer, ainsi que notre voiture et les quelques meubles que nous
possédions. Les choses vont très vite et, courant mars, je suis prévenu
que mon épouse chérie embarque sur le paquebot Ville-de Bordeaux pour
Casablanca où je vais l’attendre. ..
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4ème
RSM- Au mess de gauche
à droite:
Lieutenant Choulet
moi
Lieutanant Montillot
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Un peu plus de deux mois ont passé depuis que je l‘ai quittée. Elle est
bien là, appuyée au bastingage alors que le Ville de Bordeaux accoste,
toujours aussi pimpante, aussi-belle avec un tout petit peu plus
d’embonpoint peut être. Elle a très bien supporte le voyage. Nous
restons toute une journée à Casa pour récupérer notre voiture. Pour ce
qui est des meubles, ils seront acheminés sur Fès où un garde meuble les
prendra en charge en attendant que nous ayons notre logement.
Sans trop d’appréhension nous prenons la route direction Fès au
volant de l’ Aronde par Fedala, Rabat, Sale et Meknès. Tout est nouveau
pour ma Dédée chérie. Lorsque nous croisons des camions remplis de
Marocains revêtus de leurs djellabas multicolores ou des fatmas aux
mains tatouées de henné trottinant derrière un âne chevauché en amazone
par le mari, elle rit de tout son coeur en me disant : "on se croirait
en plein Carnaval." Eh oui, elle découvre l’0rient et ses coutumes le
Maroc, son folklore et ses odeurs.
Les quelque 300 kilomètres qui séparent Casa de Fès sont vite avalés
et nous voici à notre hôtel. Grace à l’amabilité des Turck dont l’épouse
fera très vite connaître à Dédée d’autres épouses du régiment et la
mettra au courant de la vie de garnison fassie, ainsi, tant que je serai
au travail, je sais qu’elle n’aura pas le temps de s’ennuyer. De plus,
les réceptions, dans le cadre du régiment, sont, à l’époque assez
fréquentes, aussi, très vite, notre ménage va se sentir à l’aise dans
son nouveau cadre de vie. De plus comme nous prenons tous nos repas au
Mess nous Avons tôt fait d'è1argir le cercle de nos connaissances.
La grossesse de ma chère épouse se passe bien; le soir, nous quittons
la chambre d’hôtel pour aller nous promener dans la rue Poeymireau toute
proche où plusieurs marchands de brochettes ont dressé leurs étals. Bien
que nous ayons déjà dîné au mess Andrée ne peut que très rarement
résister à l’envie d’en manger que1ques unes en sandwich dans un bout de
"quesrah" (galette arabe sans levain) largement enduite de "harrissa” (qu’elle
prenait, au début, pour de la purée de tomates, mais qu’elle a fini par
très apprécier. Elle a un appétit phénoménal, c’est bon signe.
Les jours passent, enfin nous emménageons fin avril à la SIAF, dans
un petit studio situé au 1er étage. Au-dessous de nous loge le
Lieutenant-colonel Grimaldi, de l'Infanterie de Marine, et au-dessus, un
ménage avec enfants qui sera la cause, bien involontaire, d’un.
nauséabond débordement dans notre logement
en effet, la tête d’une poupée d'un des enfants ayant,
malencontreusement pris le chemin des WC, s’est retrouvée coincée dans
un siphon de la canalisation d’évacuation situé entre le rez-de-chaussée
et le 1er étage et on imagine aisément la suite et ses conséquences.
Autre accident qui aurait pu être beaucoup plus grave : un jour,
constatant que le four à gaz de la cuisinière n'était pas allumé alors
que l’on pensait l’avoir fait, en craquant une nouvelle allumette une
assez forte explosion a entièrement détruit la porte vitrée qui
permettait, de la cuisine, l’accès au petit balcon de notre studio.
C’était fort heureusement 1’ètè, aussi n1’vons nous pas eu à en pâtir en
attendant la réparation.
Nous prenons toujours le plus clair de nos repas au mess de garnison
tout proche où nous côtoyons une bande de joyeux célibataires comme le
Lieutenant Vergas et les Aspirants de Vogue, Honhon et de Flerieu entre
autres.
La grossesse d’Andrée avance et elle est, à présent, bien ronde;
bientôt se pose la question de son retour à Bordeaux. En effet, le
professeur Mahon qu'elle a consulté avant d'embarquer pour le Maroc, lui
a dit que, compte tenu de son premier accouchement avait nécessité une
césarienne, afin d'éviter toute complication éventuelle, il serait
hautement souhaitable qu’elle revienne à Bordeaux pour mettre au monde
notre second enfant. Aussi, peu avant la mi-juillet nous partons tous
deux à Casablanca ou elle prend le Constellation d'Air France à
destination de Bordeaux, la naissance étant attendue pour dans un bon
mois. Rentré seul à Fès, j'apprends que je viens d’être promu Chevalier
de la Légion d’Honneur le 7 juillet et je recevrai ma décoration des
mains du Colonel Martin-Siegfried le 14 juillet à l’occasion d’une prise
d'armes.
Je ne suis pas long à me féliciter de savoir mon épouse en France,
bien l’abri dans sa famille, car, au Maroc, la situation se dégrade
rapidement. Bombe à Casablanca le 14 juillet causant de nombreuses
victimes, émeutes à Marrakech et à Mekhnès puis dans la région d'Oued
Zem où en août, plusieurs dizaine de Français seront tués lors du
soulèvement de tribus de la région. Cette rèbe1lion prenant de l’ampleur
nécessite l’intervention immédiate de l’armée, dont mon régiment. C’est
donc en opérations au sud-est de Casablanca, entre Kenitra et Oued Zem
que je reçois, fin août, un télégramme m’annonçant le décès de mon père
le 29 août à l’age de 74 ans. Je ne pourrai assister à ses obsèques car
les possibilités de liaisons de 1’èpoque sont trop rares d’une part,
d'autre part, la situation insurrectionnelle du moment ne m’en laisse
pas la possibilité.
Trois jours plus tard, un autre télégramme m’annonce la naissance, le
31 août, de notre fils : Christian, Pierre, dans d’excellentes
conditions et de façon tout à fait naturelle à la maternité de la
Clinique Lavalance à Caudéran. J’en suis ravi et je sais qu’il en va de
même pour ma Dédée chérie. C’est un peu de baume sur la "cicatrice"
d’avril 1951.
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4ème RSM le 20 mars 1956
Le Lieutenant Colonel d’Ornano inspecte le contingent 1956/2 dont je
suis chargé de l’instruction.
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Boulerane septembre 1956
Mechoui dans une tribu du moyen Atlas
De gauche à droite. Une danseuse Berber,
deux officiers de L’ER de la division de
Fès.
Le Colonel Devouges (ex
Commandant du 4ème RCM)
Le Colonel
Martin-Siegfried.
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Très rapidement, compte tenu des mesures prises, les tribus rebelles
déposent les armes et demandent « l’amman" (le pardon) Contrairement à
ce qui se passe en Algérie où la rébellion s’étend, la situation semble
vouloir s’améliorer au Maroc d'autant plus que le retour d’exil du
Sultan Mohammed V est très sérieusement envisagé. Je juge la situation
suffisamment calme pour faire rentre Andrée et Christian à Fès ce qui
est chose faite vers le 20 septembre.
Hélas, l'amélioration de la situation politique ne dure guère et les
tribus du Rif, à leur tour, entrent le 1er octobre en rébellion ouverte
en attaquant le postes frontière à la limite du Maroc espagnol. Mon
régiment est aussitôt mis en alerte et part le 2 octobre en direction du
nord où avec d’autres unités, dont certaines venues de France, il va
être employé à rétablir la situation. Je laisse donc une fois de plus
les miens, et me voilà partis avec:mon peloton d’EBR dans le Rif de
sinistre réputation où, par Taounate, Aknoul, Boured, le Col du Nador,
nous atteindrons le promontoire de Tizi Ousli marquant la frontière avec
le Maroc Espagnol, le 9 octobre, non sans avoir subi le feu des rebelles
tapis dans les rochers dans le Col du Nador et la montée vers Tizi Ousli
où le Sous-lieutenant de Vogue, de mon escadron, trouvera la mort à la
tourelle de son EBR.
Pendant plusieurs semaines nous allons assurer la surveillance et la
sûreté des routes traversant le Rif, mission fastidieuse consistant à «
ouvrir la route" dans ce pays de montagnes plutôt arides. Chaque peloton
se voit attribuer un itinéraire de plusieurs kilomètres dont au plus
vite, afin de permettre la circulation, il faut s’assurer qu’il n’est
pas miné ou obstrué, en laissant, sur des positions offrant de bonnes
vues, un EBR par-ci, par-là, en liaison à vue et par radio avec ses
voisins, prêt à intervenir sur tout incident survenant aux véhicules qui
seront amenés à circuler sur cet itinéraire. Et ceci durant toute la
journée, les pelotons se repliant le soir sur Tizi Ousli, ou Nador, ou
Aknoul, ou Boured, ou Dar Caid Medboh selon les ordres, pour recommencer
le lendemain sur un itinéraire différent pour éviter la routine, et ceci
quel que soit le temps. Bien que très rarement, il arrivera parfois,
hélas, que soit par précipitation, soit par manque de coordination,
quelques éléments se lancent sur ces itinéraires les croyants ouverts
alors qu’ils ne le sont pas encore, avec toutes les fâcheuses
conséquences que l’on imagine sans peine.
Nous serons toutefois relevés, environ toutes les 3 semaines pour
aller prendre un peu de repos à Fès, remettre en état le matériel et
repartir 8 à 10 jours plus tard. Le 1er novembre, le sultan rentre à
Rabat mais la rébellion des Rifains, même si elle a nettement faiblie,
n’est pas terminée pour autant et elle ne cessera vraiment qu’avec la
fin du protectorat français sur le Maroc, en mars 1956. Pendant tout ce
temps que je passe dans le djebel, Andrée, comme toutes les épouses des
cadres du régiment, prend son mal en patience; elles se rencontrent
souvent, se soutiennent mutuellement. Evidemment, pas question pour
elles de sortir de Fès el Djedid mais leur sécurité, notamment à la SIAF,
est efficacement assurée grâce à la présence, entre autres, du Colonel
Devouges (en retraite après avoir auparavant commander le 4éme RSM) qui
y loge également et s’en occupe personnellement.
Pour les fêtes de fin d’année, comme en pareil cas, nous ne passons
qu'une des deux fêtes en famille. Pour nous trois c’est pour la Noël.
Fin mars 1956 donc, le régiment quitte enfin le Rif après l’avoir
sillonné dans tous les sens et se retrouve au complet à Fès.
Le Maroc est désormais indépendant; Mohammed V abandonne son titre de
Sultan pour celui de Roi du Maroc. Petit à petit la confiance renaît, on
peut à nouveau circuler librement et sans crainte. Sur les routes on
croise de très nombreux camions dans lesquels s’entassent des Marocains
ayant revêtu leurs habits de fête et hurlant à pleins poumons Yah Yah el
Malik (Vive le Roi) en brandissant de petits drapeaux chérifiens, rouges
avec en leur centre 1’étoile verte à 5 branches. Christian, qui va avoir
9 mois s’amuse à crier comme eux Ya Ya el Malik
Tout contre le Parc Poeymireau, on a construit pour les cadres de
l'Armée un superbe bâtiment de plusieurs étages, la "Cité Général Duval"
dont, au début de 1'été, nous allons occuper, au rez-de-chaussée, un
appartement de 3 pièces très bien agencées. Nos voisins de palier sont
le Lieutenant Cauneille et sa femme; ils ont une petite fille,
Catherine, qui a le même que Christian qui commence à bien parler et
l’appelle "Tatine".
Je passe assez vite sur la vie de garnison qui reprend son rythme
normal ; instruction des recrues, tirs à El Hajeb (champ de tir toutes
armes prés de Mekhnès ) manifestations diverses, quelques méchouis de ci,
de là et nous en arrivons au mois de juillet où, avec Dédée et
Christian, nous partons par le train pour Casa d’où, le 26 juillet (je
me souviens parfaitement de la date car, en débarquant à Issac nous
avons appris que, ce même jour, Nasser venait de nationaliser le Canal
de Suez avec les conséquences que l’on sait) nous prenons le
Constellation d'Air France pour Bordeaux où nous allons passer un mois
de permission, ce qui nous donne aussi l’occasion d’annoncer à la
famille que Dédée attend un autre enfant Qui devrait venir au monde au
début de février prochain. De retour à Fès début septembre, je pars
quelques jours en manoeuvres dans le Moyen Atlas, dans la région de
Boulemane à 1'est, sud-est de Fès. En revenant j'apprendrai que, avec
Mesdames Bordier et Turck, Andrée est allée en voiture jusqu’à Ifrane,
station climatique d'altitude dans l’ Atlas, on y skie l’hiver , à 90
Kms au sud de Fès, où ces dames en se promenant dans la station, se sont
attablées à la terrasse d’un café et ont été abordées par un notable
marocain jeune et é1égant, parlant parfaitement le francais et qui leur
a demandé l’autorisation de s’asseoir à leur table. C’était le Prince
Moulay El Hassan, le futur roi du Maroc Hassan II qui possédait une
villa à Ifrane. En revenant d'Ifrane, par contre, le joint de culasse de
l'Aronde va rendre l'âme en arrivant à Fès, ce qui est encore heureux.
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Fès 9
Octobre 56
De gauche à droite:
Colonel Barrou
Colonel Beaupère
Général Divary
Lieutenant Colonel d’Ornano
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Fès 9
Octobre1956
Le Lieutenant Colonel d’Ornano inspecte un détachement de recrues. |
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Début octobre, le
Colonel Martin-Siegfried nous quitte et passe son commandement au
Lieutenant-Colonel d'Ornano. A la même époque j'ai 1’heureuse surprise
d'apprendre que, inscrit à titre exceptionnel au tableau d’avancement,
je suis promu au grade de Capitaine à partir du 1er Octobre. En
principe, les tableaux d'avancement sont établis en fin d’année et les
nominations se font au début de chaque trimestre suivant ;
exceptionnellement, en 1956, un nouveau tableau a paru en octobre avec
promotion immédiate. Je n’en suis pas peu fier car, à1’époque, ne rester
que 5 ans dans le grade de lieutenant n’est pas si courant, mme pour les
meilleurs des Cyrards. Nul doute que la façon dont je suis noté et mes
"titres de guerre" y sont pour l’essentiel. Cela me vaudra, de la part
de camarades de promotion, dont un en particulier portant le nom d'une
célèbre marque de champagne, moins chanceux ou simplement jaloux, la
question acerbe suivante : "Qu’as-tu donc fait d’aussi extraordinaire
pour être ainsi peaufiné ? Ce à quoi je lui ai répondu : « très facile
mon cher, je me suis simplement trouvé au bon endroit au bon moment."
Me voici donc capitaine. Je quitte mon peloton d’EBR ainsi que mes
fonctions d'adjoint au Capitaine Bordier et le Lieutenant-Colonel
d’Ornano m'affecte au Bureau d’Instruction de l’Etat-major du régiment,
dirigé par le Capitaine Seguret où je serai plus particulièrement chargé
de 1’instruction des recrues venant de Métropole et du Maroc, d’en faire
un premier temps des soldats, ensuite des spécialistes aptes à devenir
membres des équipages d'EBR, enfin, pour les meilleurs d’entre eux, des
gradés. Travail prenant qui va s’étaler sur 2 mois, pour les
non-spécialistes, 4 mois pour les spécialistes, 6 mois pour les futurs
gradés. J'ai donc, comme on dit, du pain sur la planche, jusqu'à la fin
mars 57.
Au Maroc, le calme est, à peu de choses prés, totalement revenu sauf aux
confins algéro marocains où des incursions de "fellaghas" algériens sont
assez fréquentes. Avec mon épouse, dont la grossesse évolue normalement,
nous menons une vie tranquille. Christian a un an et grandit bien; avec
notre "ordonnance" Mohamed (puis Ali) il fait de gros progrès; ils le
promènent dans le parc Poeymireau, et ne va pas tarder à parler arabe...
Il faut dire que, tant Ali que Mohamed sont issus des tribus
montagnardes de l’Atlas, des vrais "Chleuhs" qui sont restés
parfaitement fidèles et ils ont notre totale confiance.
Nous étoffons notre ménage en achetant notre premier réfrigérateur, un
superbe Hoover américain, une machine à coudre électrique Elna, un
lave-linge Bendix et notre premier service de table, en faïence verte
(dont il reste encore quelques rares é1éments)...
Et les mois vont passer. En octobre, une cérémonie anniversaire est
organisée au Quartier Bournazel (c’est le nom de notre casernement), en
souvenir de nos camarades morts dans la région d' Oued-Zem où dans le
Rif
Décembre est vite là, le temps est venu pour ma chérie de retourner à
Bordeaux pour mettre au monde notre second bébé, elle passera donc les
ftes de fin d’année avec Christian à Issac et Parentis. Quant à moi, je
suis très occupé par mes fonctions, aussi cela m’aidera à ne pas trouver
le temps trop long. Et le 15 janvier, par télégramme j'apprends qu'une
petite fille, Anne-Marie, Francoise a vu le jour à la Clinique Lavalance,
avec un peu d’avance sur la date prévue mais en parfaite santé ainsi que
sa maman chérie. Tout très bien passé, merci mon Dieu et merci
Professeur Mahon.
En mars 1957 je récupère à Casa ma petite famille et, peu de temps
après, ayant mené à son terme 1’instruction du contingent qui m’avait
été confié six mois auparavant, je quitte le Centre d'Instruction
Régimentaire pour prendre à compter du 1er avril, le commandement du 1er
Escadron à la suite du Capitaine Bordier, muté en France.
J’y retrouve mon camarade et ami Turck qui devient mon lieutenant en
premier, l’adjudant Schwartz, les Maréchal des logis chef Emons, Tedeshi,
Nussbaum et Prukop (ce dernier qui en Iindochine, a été fait prisonnier
par les Viets et est resté interné durant de longs mois dans un camp de
prisonniers du Centre Vietnam, nous raconte les séances de lavage de
cerveau qu'il a da endurer.) Nous formerons une bonne équipe qui, hélas,
ne durera guère car, en juillet, à mon grand étonnement et au grand dam
du Lieutenant-Colonel d'Ornano qui croit que je me suis fait pistonner
pour qu’il en soit ainsi, je suis muté à l’EAABC (Ecole d'Application de
l'Arme Blindée - Cavalerie) à Saumur, plus spécialement au 1er Régiment
de Dragons (Régiment support de 1'Ecole) Je serai appe1è à prendre, à
Fontevraud, le commandement de 1'Escadron de Chars (qui comprendra entre
autres, plus d’une cinquantaine d’engins allant du char 1éger Chaffee au
char de 40 tonnes Patton, en passant par l'AMX 10 et quelques chars
moyens Shermann.) En somme, pour moi, il s’agit d’un retour aux sources,
un retour à la maison mère qui a vu naître le sous-lieutenant que j'ai
été voici 9 ans. Pourvu que l’on ne se souvienne pas de moi lors du
prochain carrousel.
Courant juillet nous quittons donc Fès, un peu à regret car le calme
revenu, nous nous y plaisions bien, pour Casa où nous nous embarquons
pour Marseille à bord du paquebot Koutoubia, avec "armes et bagages"
car, avec nous, voyagent un container avec nos meubles et autres
impedimenta ainsi que notre Aronde qui a bien supporté la "campagne
africaine".
Après une brève escale à Tanger nous croisons les Baléares, longeons la
c8te catalane, passons à toucher Barcelone et continuons sur Marseille
où nous débarquons. La traversée, très calme, a été très bien supportée
par toute la famille; Christian, qui va avoir 2 ans, était émerveillé
par ce premier voyage en bateau, quant à Anne-Marie, dans son "babyrève",
bercée par la houle légère, elle a parfaitement dormi.
Nous récupérons la voiture et partons par la route vers Bordeaux; le
container avec nos meubles sera acheminé sur Arcachon pour être mis en
garde meubles en attendant que nous soyons logés à Saumur.
Arrivés à Issac, je passe quelques jours de permission en famille puis,
seul, je pars pour Saumur où je me présente, le 1er août, au Colonel de
Maupeou d’Ableiges, Commandant le 1er Dragons. Ma famille ne me
rejoindra que lorsque j'aurai trouvé un logement ce qui, à priori, ne
semble pas évident, 1’offre étant des plus restreintes à l’époque alors
que la demande est nombreuse. Pourtant, grâce à un ami connu alors que
nous étions à Spire au 6éme RCA et que je retrouve ici (le Capitaine
Wagner), et à la condition de ne pas se montrer trop exigeant, je trouve
à nous loger, provisoirement, dans un petit deux pièces cuisine meub1é
mais sans le moindre confort, au 1er étage d’une petite maison vétuste à
Saint Hilaire-Saint Florent, banlieue ouest de Saumur.
La "ballade Africaine" de la famille est à présent terminée.
L'Afrique,je la retrouverai plus tard, mais seul.
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Fès, 9
octobre 19556
La messe d’anniversaire au Quartier Bournazel |
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Fès mai 1957
Le Méchoui du 8 mai.
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